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Lot 42 - MAURICE DENIS (1870-1943) - LA SOURCE, 1941 - Huile sur carton - Signée et datée [...]

Estimation : 35 000 € / 55 000 €

MAURICE DENIS (1870-1943)
LA SOURCE, 1941
Huile sur carton
Signée et datée '1941' en bas au milieu
Étiquette de la galerie Druet au dos
Oil on carboard; signed and dated '1941' lower middle; galerie Druet label on the reverse
74,5 X 84,7 CM • 29 3/8 X 33 3/8 IN.


Un certificat de Madame Claire Denis, en date du 14 juin 2007, sera remis à l'acquéreur. L'œuvre est enregistrée dans les dossiers du catalogue raisonné de l'œuvre de Maurice Denis sous le numéro d'indexation 941.0002.
PROVENANCE
Acquis auprès de l'artiste par la Galerie Drouant-David, Paris, en 1942 (carnet de dons et ventes du peintre, CDV n° 1704).
Vente, Ancienne collection Léonce Rosenberg et à divers amateurs, Me Rheims, Paris, Galerie Charpentier, 16 juin 1959, lot 56.
Collection Granier-Deferre.
Collection particulière, France.
Vente, Floralies 2013, Me Pillon, Versailles, 26 mai 2013, lot 120.
Acquis au cours de cette vente par l'actuel propriétaire.
Collection particulière, France.
BIBLIOGRAPHIE
Suzanne Barazzetti-Demoulin et Robert Rey [préfacier], Maurice Denis : 25 novembre 1870-13 novembre 1943, B. Grasset, Paris : 1945, p. 297 (décrit).
ŒUVRES EN RAPPORT
Il existe une étude pour ce tableau dans un carnet de 1940 et un grand dessin rehaussé de pastel qui porte l'inscription "Melle Paulette, 94 Bd de Sébastopol". Cette mention fait peut-être allusion au nom du modèle.
"Maurice Denis avait à peine vingt ans lors de ses débuts presque simultanés de peintre et d'écrivain, et c'est une maxime formulée en ce temps-là qui peut servir d'épigraphe à toute son œuvre : 'L'art est la sanctification de la nature !' Les coryphées de l'impressionnisme exerçaient alors une irrésistible attraction sur les jeunes gens dont les aspirations encore confuses ne pouvaient se satisfaire aux routines d'école. Maurice Denis, si jeune, joua un rôle que l'histoire de l'art ne peut oublier. Plus que personne, par la parole et, ce qui vaut encore mieux, par l'exemple, il montra les voies où l'art, sans renoncer à ce qu'il y avait de précieux et de durable dans les conquêtes de l'impressionnisme, devait s'engager pour réagir contre les excès de l'analyse et les dangereux prestiges nés de la superstition des phénomènes atmosphériques. Il contribua plus que personne à restaurer l'idée de l'ordre et à refaire la part nécessaire des valeurs sentimentales. Mais en art les idées les plus justes sont impuissantes sans les armes qui, seules peuvent, sur ce terrain mouvant, assurer la victoire, je veux dire les beautés et les nuances d'un langage plastique non encore entendu. Ce don fut avec les autres accordé à notre peintre."
Paul Jamot, Maurice Denis, Plon, Paris : 1945, p. 5.
Dans l'entre-deux-guerres, Maurice Denis est un décorateur reconnu qui accomplit pleinement les ambitions qu'il a énoncées dès son adolescence. Soucieux de former les jeunes artistes à un art religieux vivant et régénéré, il fonde en 1919 avec son ami Georges Desvallières les Ateliers d'art sacré, sur le modèle du compagnonnage. Il ne délaisse pourtant pas complètement ni la peinture de chevalet ni les thèmes profanes. Les grands nus féminins isolés comme celui de La Source sont cependant rares dans l'œuvre de Maurice Denis qui préfère généralement panacher ses compositions de figures costumées et de figures dévêtues comme dans ses Baigneuses, Perros de 1898 (New York, The Museum of Modern Art, fonds Grace Rainey) ou dans ses Figures dans un paysage de printemps de 1897 (Saint-Pétersbourg, Musée national de l'Ermitage). Avec La Source, l'artiste rappelle avec force l'impératif du contenu dans la peinture et la nudité de son modèle, intellectualisée, est à chercher dans l'allégorie. Dès la fin du XVIe siècle, dans son Iconologia, Cesare Ripa décrit que l'eau, "reine de tous les éléments", "est figurée par une femme nue". En cela, l'érudit italien ne fait que reprendre une tradition qui remonte à l'Antiquité mais que Maurice Denis renouvelle sous la forme d'un classicisme moderne. Ainsi donne-t-il à son nu, qui occupe la quasi-intégralité de l'espace pictural, une plasticité proche des sculptures d'Aristide Maillol et le soumet-il à une palette nacrée et mordorée qui contraste heureusement avec les teintes froides du lit de verdure sur lequel il est étendu.
"Maurice Denis was barely twenty years old when he began, almost simultaneously, to paint and to write, and a maxim coined at the time could serve as an epigraph for all his work: 'Art is the sanctification of nature!' Impressionism's luminaries exerted an irresistible attraction over young people whose as yet inchoate aspirations could not be satisfied with academic routine. The young Maurice Denis would play an unforgettable role in the history of art. More than anyone, he indicated in words and, even better, by example, the paths that art must take, without renouncing what was valuable and enduring in the Impressionist movement, in order to resist over-analysis and the dangerous illusions born of excessive devotion to light and shadow. More than anyone, he contributed to restoring the idea of order and reintroducing the necessary element of sentimental value. But in art, the truest ideas are impotent if unaccompanied by the only weapons that can ensure victory on this shifting terrain, by which I mean the beauty and nuances of an altogether new plastic language, a gift our painter received, among others."
Paul Jamot, Maurice Denis, Plon, Paris: 1945, p. 5.
In the interwar years, Maurice Denis became a respected decorator who successfully achieved the goals he had set for himself as an adolescent. Anxious to train young artists in a form of religious art that was both alive and renewed, in 1919, with his friend Georges Desvallières, he founded the Ateliers d'art sacré (Sacred Art Workshops), based on the journeyman model. He did not, however, completely abandon easel painting nor secular themes. The large, solitary female nudes like the one depicted in La Source are, however, rare in the work of Maurice Denis, who typically preferred to mix up his compositions with costumed figures and disrobed figures, like those depicted in Baigneuses, Perros (1898) (New York, The Museum of Modern Art, Grace Rainey Collection) and Figures dans un paysage de printemps (1897) (Saint-Petersburg, State Hermitage Museum). In La Source, the artist strongly evokes the priority status of content in painting, and the intellectualized nudity of his model is rooted in allegory: in the late sixteenth century, Cesare Ripa, writing in his Iconologia, declared that water, "queen of the elements," "is represented by a nude woman." In this text, the Italian scholar merely revisits a tradition dating back to Antiquity, but one that Denis reinvented in the form of modern classicism. Thus he gives his nude, which occupies almost the entire pictorial space, a plasticity similar to that of the sculptures of Aristide Maillol, and he applies a pearly, bronze palette, which contrasts pleasantly with the cool hues of the bed of greenery on which she lays.

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