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Lot 60 - Horace VERNET (Paris 1789-1863) - Daniel dans la fosse aux lions - Toile - Signée [...]

Estimation : 150 000 € / 200 000 €

Adjugé 505 000 €


Résultat avec frais

Horace VERNET (Paris 1789-1863)
Daniel dans la fosse aux lions
Toile
Signée et datée en bas à gauche : H Vernet 1857
Daniel in the lions’ den, canvas, signed and dated lower left : H Vernet 1857
147 x 114,5 CM • 57 7/8 X 45 1/8 IN.


Provenance
Vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, «Catalogue de tableaux modernes importants formant la galerie d’un amateur de Vienne»(en Autriche, en fait Meyer), 27 et 28 avril 1866 (Mes Charles Pillet Eugène Escribe), n° 77, 26 500 francs.
Acquis par Obry à cette vente.
Œuvre en rapport
Gravure en manière noire par Paul Girardet, reproduit in Bruno Foucart, le Renouveau de la peinture religieuse en France (1800-1860), Arthena, Paris, 1987, fig. 292.
Ce chef-d’œuvre de la peinture religieuse du XIXe siècle, disparu depuis les années qui ont suivi sa création, est dû à Horace Vernet alors au faîte de sa gloire. Héritier d’une dynastie d’artistes, il fit son apprentissage dans l’atelier de son père Carle, spécialiste de chevaux. Il se noua d’amitié avec un Théodore Géricault, autre élève avec qui il partageait les velléités de rébellion contre une peinture néoclassique conventionnelle. Ses succès au Salon, Mazeppa et les loups, la Barrière de Clichy, des portraits inspirés, lui permirent de compter parmi les protagonistes importants du mouvement romantique et lui ouvrirent une brillante carrière, le conduisant à décorer deux plafonds au Louvre, à diriger la Villa Médicis à Rome entre 1829 et 1834, à participer aux commandes de Louis-Philipe pour la Galerie des batailles au château de Versailles. Acclamé par la critique, une salle entière lui fut attribuée lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855, comme à Ingres, Delacroix ou Descamps.
Horace Vernet n’échappa pas à l’attrait de son temps pour les voyages vers la Méditerranée et vers l’Orient. Grâce à ses séjours de l’Algérie au Caucase, en passant par Damas, il réinventa les sujets de la peinture d’histoire, notamment de l’Ancien Testament tels que Judith et Holopherne (musée des beaux-arts de Pau), Judas et Thamar (Londres, Wallace collection), Agar chassé par Abraham (Nantes), Rebecca au puits (non localisé), qu’il place dans un contexte orientaliste. Il souhaitait saisir l’essence des lieux et des populations, sans l’exotisme artificiel qu’appelaient habituellement ces thèmes orientaux. Il était convaincu, lors de ses périples qu’il était face aux descendants des peuples antiques. Cette volonté de reconstitution du contexte historique précède les essais d’Ernest Renan de près de vingt ans.
La gravure précédemment mentionnée suggère l’existence éventuelle d’une autre version avec variantes de notre tableau. Il s’inscrit parfaitement dans la démarche d’Horace Vernet : les modèles contemporains incarnent les hébreux du texte sacré. Daniel est un jeune cheik, portant le vêtement pittoresque des bédouins (1.), un Keffieh et un manteau blanc orné de discrètes broderies. S’inspirant du Livre de Daniel (6. 2-29). L’artiste décrit ici le prophète à la lueur de l’aube, les rayons témoignant de la présence de son Dieu qui l’a sauvé la nuit passée. Tandis qu’il lève les yeux en remerciement, un lion s’est endormi à ses pieds. Au second plan, on discerne un autre fauve au profil massif, la mâchoire entrouverte. Leur puissance contenue participe à l’atmosphère paisible de l’ensemble. Leur traitement stylistique est comme un hommage ou un souvenir des lions de Géricault.
Ce thème avait été illustré par Rubens (vers 1614-1616, Washington, National Gallery of Art) avec un nu michelangelesque et de façon mystique par Jules Ziegler au Salon de 1838 (Nantes, musée des Beaux-Arts). Delacroix l’a aussi traité à deux reprises en moyen format (1849, Montpellier, musée Fabre et Zurich, fondation Bührle). Avec aisance, Horace Vernet réalise ici la synthèse entre Romantisme (les ossements en haut à droite donnent une très légère touche de fantastique, tout en contribuant au récit biblique.), ingrisme (la qualité des étoffes sont bien avec une précision digne du peintre de Montauban), Orientalisme et réalisme (on perçoit tout ce que Gérôme doit à Vernet).
(1) Christine Peltre, Les juifs dans l’Orientalisme, Paris, Flammarion, 2012

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes