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Lot 36 - FRANÇOIS BOUCHER (1703-1770) - Jeune garçon tenant une corbeille de fleurs - [...]

Estimation : 10 000 € / 15 000 €

FRANÇOIS BOUCHER (1703-1770)
Jeune garçon tenant une corbeille de fleurs
Pierre noire, sanguine, craie blanche, rehauts de pastel bleu et vert sur papier chamois un peu insolé.
Collé en plein, filet d’encre noire rapporté.
Young boy holding a basket of flowers, black chalk, sanguine, white chalk, blue and green pastel highlights on chamois paper, slightly insolated.
Glued on the mount, posterior black ink line
30,80 x 19,70 cm - 12,1 x 7,8 in.


Nous remercions M. Alastair Laing qui confirme dans un courriel daté du 1er mars 2021, l’authenticité de ce dessin d’après photographie et Madame Françoise Joulie, qui a également confirmé l’authenticité du dessin après examen de visu et nous a aidé dans la rédaction de cette notice.
L’ensemble est extrêmement charmant et appartient à cette production de la fin de la vie de l’artiste faite de dessins très achevés destinés à être collectionnés et souvent aussi à être gravés dans une technique évoquant celle du dessin, ici les trois crayons rehaussés de pastel. La mise en place de l’ensemble a été réalisée avec une pierre noire que l’on pressent encore partout ; le visage est vivant, avec des yeux aux larges pupilles très expressifs caractéristiques de l’artiste. La disposition de l’ensemble, avec un arbuste sur la gauche et un paysage plus loin sur la droite, les fonds bleus rapportés une fois le dessin fini sont autant de caractères propres à Boucher. L’éclairage tombant du haut sur les cheveux et mettant le visage dans l’ombre est également caractéristique de l’artiste dans ces sujets d’enfants. Compte tenu de la fréquence de ces sujets et du nombre des modèles gravés puis copiés, il convient aussi de regarder les éléments secondaires du dessin pour bien établir qu’il s’agit d’un dessin entièrement autographe. Ils sont importants puisque ce sont ceux que l’artiste réalise sans y attacher une importance particulière, en associant avec efficacité et rapidité des formules habituelles ; c’est là où un copiste ou un élève serait au contraire le plus gêné à cause précisément de cette liberté d’écriture ; ainsi la plante qui pousse au pied de l’enfant est à la fois imprécise, élégante et colorée de taches vertes posées d’une manière aléatoire très personnelle. Il en est de même pour le bouquet du panier. On voit aussi que passent sur la pointe de la canne, comme pour témoigner discrètement de la réflexion continue de l’artiste, les hachures d’un rocher venu stabiliser la composition. Les enfants habillés comme de petits adultes sont une spécificité de François Boucher et une idée nouvelle qu’il propose aux amateurs après 1745 ; en 1748 la manufacture de Vincennes produit ses premiers enfants en porcelaine tendre, et elle choisit de produire après son déménagement à Sèvres des «Enfants Boucher» pour lancer la nouvelle manufacture devenue royale. Une seconde série d’enfants sera plus tard inventée pour Sèvres par Falconet, compte tenu du succès des premiers. À Beauvais et surtout aux Gobelins, dans les mêmes années 1750, on accompagne cette mode de l’enfance par des décors de sièges et écrans tous inspirés de Boucher. Ces enfants costumés comme des petits adultes et se livrant à des occupations de la vie quotidienne sont en même temps les sujets de peintures ; les décors de la Frick collection de New York sont les plus célèbres mais il est demandé aussi à Boucher sur ces sujets d’enfants des tableaux isolés ou travaillés par paires soit à l’huile soit au pastel. Le succès est tel que dans les années 1760 Boucher produit pour les amateurs dans des dimensions toujours comparables (soit autour de 30 sur 20 cm), et dans des techniques utilisant deux ou trois crayons, rehaussés ou non de pastel, des dessins finis, destinés à être encadrés ; ce sont «le petit paysan», «le jeune dénicheur», «l’enfant jouant avec un chien», «la petite jardinière», et ici le «jeune garçon tenant une corbeille de fleurs»…. Ce dessin correspond exactement par son sujet, ses dimensions (11,6 pouces x 7,3 pouces) et sa technique à l’un de ceux décrits à la vente du collectionneur Randon de Boisset en 1777, sous le n°364, acquis par Desmarets. Cependant, dans cette collection Randon de Boisset, le dessin avait pour pendant une petite fille de dos tenant un bouquet et un panier de fleurs qui n’est plus localisé.

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